Au milieu de la nuit, des agents de la Gestapo allemande font irruption dans plusieurs maisons à Tessenderlo et arrêtent Frédéric, Petrus, Frans, Albert et Jozef, tous membres du groupe de résistance BNB. Accusés d’activités de résistance et d’avoir aidé des personnes en fuite, ils sont déportés en Allemagne et envoyés dans différents camps de travail et de concentration, d’où aucun d’entre eux ne reviendra.
Le 10 mai 1944, une lettre de Frans est envoyée depuis la prison d’Anvers à son épouse, alors en fin de grossesse : « Comment vas-tu, Vitaline ? J’espère que lorsque tu recevras ce mot, le bébé sera déjà né et que tout se sera bien passé. Ne me demande pas ce que j’en pense ; cette pensée me tourmente jour et nuit ». Ce même 10 mai, leur plus jeune fils voit le jour.
Vitaline continue de croire au retour de Frans. Des années après la guerre, elle fait même prendre sa famille en photo pour que Frans puisse voir comment les enfants ont grandi, bien qu’il n’y ait aucune adresse à laquelle l’envoyer…
Le communiqué officiel indique : « Décédé d’épuisement pendant le transport. » C’est ce qu’elle apprend au sujet de son mari après la guerre. Afin d’en savoir plus, elle recherche des témoignages de survivants. Elle rassemble des bribes d’informations, mais celles-ci sont rares : « Frans était complètement épuisé lorsque je l’ai vu pour la dernière fois ». « Je ne l’ai jamais vu subir de mauvais traitements, mais je pouvais deviner, à ses blessures, qu’il avait subi de graves sévices.»
Comme pour Vitaline, de nombreuses familles se retrouvent avec de profondes questions sans réponse. Les survivants des camps font de leur mieux pour informer leurs proches aussi précisément que possible, mais les témoignages sont parfois confus ou contradictoires. Les gens avaient enduré tant d’horreurs qu’il est compréhensible que les souvenirs se confondent et que les dates s’embrouillent.
Frans est-il mort d’épuisement lors d’un transfert entre deux camps ? Ou a-t-il été abattu pendant ce transfert, comme le suggère un rapport ? Vitaline et ses cinq jeunes enfants n’en sauront jamais rien avec certitude.